LA DISTINCTION DROITE-GAUCHE

Cette distinction est loin d’être simple en particulier du fait que la gauche et la droite varient selon le point de référence. Pour les distinguer, ces notions nécessitent un réel apprentissage.

Il est fréquent de confondre le processus de latéralisation qui aboutit au choix de la dominance manuelle et la capacité à reconnaître sa droite de sa gauche qui est la capacité à se repérer dans l’espace. Même s’il est probable que la latéralité d’une personne  influence ses représentations spatiales.

La distinction droite/gauche se développe en deux phases : nous apprenons d’abord à distinguer la gauche et la droite sur notre propre corps, puis nous apprenons à distinguer les deux côtés du point de vue de quelqu’un d’autre.

« C’est vers 4-5 ans qu’un enfant saura désigner sa main  » droite  » et sa main  » gauche « , sachant utiliser ces notions sur son corps, il mettra 2 ou 3 ans encore à comprendre qu’un arbre vu sur la droite du chemin à l’aller se trouve sur la gauche au retour, ou que la main droite d’un personnage assis en face de l’enfant se trouve sur sa gauche à lui. Et il mettra encore plus de temps à admettre qu’un objet B situé entre A et C puisse être à la fois à droite de A et à gauche de C. »
source : Psychologie de l’enfant, développement de l’homme

La manière dont notre cerveau distingue la droite et gauche est un processus qui n’est pas encore aujourd’hui totalement compris. On sait que c’est la capacité à traiter l’information visuelle qui permet de construire les représentations spatiales. Un dysfonctionnement visuo-spatial peut justement affecter l’acquisition de ces notions. L’orthoptiste sera le praticien privilégié pour dépister et rééduquer les personnes présentant des troubles de cet ordre (discriminer les objets, analyser leur position relative, évaluer l’orientation de lignes, effectuer des rotations mentales…)

affiche gauche
affiche droite

COMMENT FAIRE APPRENDRE SA DROITE ET SA GAUCHE ?

A la maternelle c’est à travers des comptines et des frappés de mains que l’enfant commencera à entendre, en contexte, ce vocabulaire spatial. Quelques exemples parmi beaucoup d’autres :

La toumba

La ronde du Looby

Tiens voilà main droite  (on peut mettre dans  un premier temps  un point de repère sur la main droite)

C’est également en salle de motricité que l’enfant construira ses repères et élaborera son schéma corporel,  la place de son corps dans  l’espace, son positionnement dans l’espace via des parcours de débrouillardise

Main en l’air

Un petit chardon

Savez-vous  planter les choux

C’est aussi en utilisant régulièrement les termes de droite et gauche dans les activités quotidiennes : en promenade : « on va prendre  le chemin  à droite »…

En GS/CP vous trouverez ici une progression très structurée de Akwabon qui met l’accent  sur la nécessité de passer par le corps pour intégrer ces notions. Néanmoins  il faut quand même aussi apprendre aux élèves à partir de la MS à se repérer sur  l’espace feuille.

En maternelle il est souhaitable pour cela d’avoir un espace en classe pour travailler sur des bureaux individuels (et non sur des tables collectives) face au tableau (éviter aussi les îlots). Ne proposer qu’ un seul point de repère, le gauche, comme étant celui où l’on commence à écrire (il a l’avantage d’être un repère commun aux droitiers et aux gauchers).

Au-delà du CP c’est encore au programme ! en effet ces deux notions mettent du temps à s’installer et elles sont essentielles pour la lecture, l’écriture et la géométrie et dans la vie de tous les jours.

Je vous recommande les activités  Repérage droite et gauche proposées par Bout de Gomme

ce jeu gauche-droite  proposé par Lutin Bazar :

Ainsi que les jeux d’orientation, courses au trésor et autres jeux de piste.